Difficile de trouver des oeufs à l'approche de la chandeleur ? Problème d'approvisionnement

Depuis la fin de l'année 2025, il peut être difficile de trouver des œufs. À deux semaines de la Chandeleur, des consommateurs sont inquiets. Il y a des problèmes d'approvisionnement dans certaines grandes surfaces du Puy-de-Dôme. Peut-on pour autant parler de pénurie ?
La peur de manquer
On est loin de la pénurie mais dans quelques heures les rayons seront tout de même clairsemés. Les distributeurs rencontrent des problèmes d'approvisionnement accentués par la peur de manquer. Une cliente constate : “Aujourd’hui les rayons sont pleins. En revanche, je suis venue il y a quelques jours et il n’y avait pas d’œufs. D’habitude j’en prends 6. Là, j’en ai pris une douzaine”.
Un produit bon marché
L'inquiétude accroît la consommation de 20 à 30 % selon le directeur. Cette consommation est déjà en augmentation, l'œuf est la source de protéines animales la moins chère du marché. Brice Meunier, directeur de supermarché, explique : “Cela fait au moins un an qu’on a des problématiques sur les œufs. Cela se produit beaucoup plus en hiver qu’en été car les poules pondent un peu moins en hiver. Cela s’accentue. On consomme certainement plus d’œufs sur la période hivernale. On ne reçoit pas les quantités qu'on souhaiterait mais il y a surtout un phénomène de consommation plus importante qui est accentué par la peur de manquer, surtout à l'approche de la Chandeleur. La consommation d'oeufs a augmenté considérablement. Là où les gens auraient acheté une boîte, ils en prennent deux voire trois. Dès que l'on parle de pénurie sur un produit, cela a le même effet. On se rappelle du papier toilette pendant le COVID. Forcément, les gens ont tendance à stocker".
La question de la rémunération
À la hausse de la consommation et au froid s'ajoute la grippe aviaire qui a touché les élevages français. Le secteur est aussi en pleine transition. D'ici 2030, 90 % des poules pondeuses devront être élevés hors cages. Cédric Giraudet, président de la section avicole de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, souligne : “Il y a un problème de rémunération qui est assez général, pour les œufs et toutes les filières. Forcément, aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de mobiliser des éleveurs. Il y a aussi l'effet climatique, le nombre d'éleveurs qui diminue et la consommation qui augmente. La production est gênée car il y a toujours plus de normes. Le risque sanitaire est une épée de Damoclès pour les éleveurs. Il faut être courageux pour se lancer".
La ministre de l'Agriculture a annoncé promulguer d'ici fin janvier des dispositions pour faciliter l'installation de poulaillers.
Article réalisé à partir du reportage de Romain Leloutre et Bruno Livertoux / France 3 Auvergne
Sources :